mardi 16 décembre 2014

mardi 9 décembre 2014







Café du Port
autour du petit blanc
l'odeur des filets


plus de vent
la queue du chat
fait le métronome


lentement la nuit
enrobe les rochers
flip ! flap !

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dimanche 7 décembre 2014

Paris en bref...s





Paris en bref…s, Les p’tits clins d’œil de Paris

Haïkus, senryûs, tercets de Patrick FETU
Éditions unicité, 4e tr. 2014.


 Les premières pages du recueil s’ouvrent sur un Paris ouaté, frileux, à saisir au vol, à apprivoiser :

Kidnappé / par les brumes de novembre / le canal de l’Ourcq.

Nulle agitation intempestive. Le silence, parfois crevé d’une bulle comme une pâte bien levée… Saisissant haïsha tracé sur le trottoir, à la craie sans doute ; dessin aussi précaire que la victime ainsi honorée :

Ramassé / au petit matin – / dernier domicile connu

La balade-haïku dans Paris se poursuit, lever de rideau sur un envers du décor,

Bassins vidés / au Jardin des Tuileries – / jouer à la marelle.

sur des vies croquées en creux :

À la nuit tombée / même les jeunes semblent vieux - / soupe Saint-Eustache.

À moins que les rues ne revêtent, éphémère illusion, leur parure de fête :

Illuminations / la foule bigarrée / pousse des ho, des ha !

Insensiblement, la ville se dessine, par le menu, dévoilant parfois ses dessous « à cru » :

« RENAULT EN GREVE » / aux portes de l’usine / saucisson et gros rouge.

Mais laissons le/la lect.eur/trice marcher sur les pas de Patrick Fetu, dans une capitale sans clinquant ni tapage. Car il s’agit, dans Paris en bref…s, d’une rencontre intime.

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vendredi 5 décembre 2014

La Vallée éblouie






La Vallée éblouie

Michel DUFLO / Paul de MARICOURT / Daniel PY



Deuxième anthologie de haïkus du kukaï Paris, Illustrations de Hiro Hata, Éditions unicité, 4e tr. 2014.






Quelle belle idée de réaliser une anthologie, la deuxième qui plus est, des haïkus remarqués au kukaï Paris !

En guise de mise en bouche, chacun des trois directeurs de publication (Zut ! pas une femme...) y va de son grain de sel. Paul de Maricourt imagine un billet léger, conversation virtuelle entre Bashô et Proust, les rôles étant inversés. Intéressant, car sous la dérision perce une idée : Proust ou Bashô, Bashô ou Proust, chacun finalement recherche, à sa manière, l’essence des choses.

Daniel Py explique ce qu’est un kukaï et retrace brièvement l’histoire du kukaï Paris, se faisant l’écho de Madoka Mayuzumi, ou de Laurent Mabesoone, pour (ré)affirmer quelques règles fondamentales en matière de haïku. Il précise enfin la méthode utilisée pour composer La Vallée éblouie.

Quant à Michel Duflo, il s’exprime, sur le mode humoristique, à propos du dérèglement climatique. Mais qu’est-ce qu’il vient faire le dérèglement climatique dans cette galère ? Sauf que le haïku, c’est un œil grand ouvert sur le monde et que, si les saisons viennent à disparaître, le petit poème japonais risque fort de perdre la tête… Aïe !

Voilà, il reste à déguster (l’appétit vient en mangeant, affirme DP) 226 haïkus de 52 auteur.es, assidu.es du kukaï Paris, participant.es plus occasionnel.les ou haïkistes en goguette dans la capitale. Copieux repas, mais parfaitement digeste !



Miroir / dans la buée / un sein (Gwenaëlle Laot)


tempête / les craquements / de ma hanche (Michel Duflo)


fumette / toute la nuit / le voisin hilare (Valérie Rivoallon)


le pour / le contre / la queue du chat (Daniel Py)


son bonnet noir / dans les hautes fougères / trace le chemin (Nekojita)


dernière feuille / je demande au râteau / de la laisser (Eric Hellal)



Si vous avez encore quelques cadeaux à faire pour les étrennes…

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dimanche 30 novembre 2014





Almanach, haïkus de Dominique Borée





Collection « CHOISI », n° 25

Croquis de Jacques Hémery

« Avant-Lire » de Lydia Padellec

Édité par Jacques Renou
Atelier de Groutel (72610)






Petit pavé papier vergé crème, composé de doubles pages mensuelles finement illustrées des croquis de Jacques Hémery, Almanach de Dominique Borée constitue un bien joli portfolio.

Au fil du calendrier et des saisons, l’auteur convie ses lecteurs et lectrices à l’accompagner dans ses découvertes quotidiennes, distillées au gré de ses flâneries. Soixante-douze haïkus, forme concise qui sied parfaitement au genre et au format  proposés, puisent dans la nature, les rencontres et l’univers des sens leur substance.



Janvier s’en va / à chaque cynorrhodon / sa goutte de bruine.



Jour de printemps – / elle promène les couleurs / de son parapluie.



Soleil d’avril – / s’arrêter pour écouter / le chemin.



Dans Almanach, le monde de Dominique Borée se révèle, minutieux, esquisse à pas comptés du temps qui s’écoule. 
À déguster.

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